mardi 28 mars 2017

PANZER IV Ausf H


Le SdKfz 161 Panzerkampfwagen IV, PzKpfW IV, ou Panzer IV, est un char moyen allemand utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale. Conçu dès avant le début du conflit comme char d'appui-feu et armé d'un canon de 7,5 cm court KwK 37 L/24 pour les Panzer IV Ausf. A / B / C / D / E / F, il est réarmé avec un canon long antichar 7,5 cm KwK 40 L/43 à partir de mars 1942 pour les Panzer IV Ausf. F2, puis L/48 pour la version G. Le PzKpfW IV est le char le plus utilisé par la Panzerwaffe, avec 9 000 exemplaires produits, et il a donné naissance à de nombreuses versions.



Le , la direction de l'armement de la Wehrmacht, le Heereswaffenamt, demanda l'étude d'un char « lourd » (il devint « moyen » avec l'apparition du « Tiger ») pour appuyer les Panzerkampfwagen III « moyens », en cours d'étude eux aussi, en fournissant des tirs anti-personnels grâce à un canon de 75 mm à faible vitesse initiale. Le véhicule ne devait pas excéder la masse de vingt-quatre tonnes, pour pouvoir emprunter les ponts de campagne, et être capable d'une vitesse de 35 km/h sur route.
En 1935, à la suite des essais de différents prototypes, le projet des usines Krupp fut sélectionné pour la construction en série. Le premier PzKpfW IV « A » sortit d'usine en octobre 1937.
Le blindage du Panzer IV Ausf. « A » était très faible avec 14,5 mm d'épaisseur (16 mm en frontal de tourelle) pour un poids total du véhicule de 18 tonnes. Cela semblait suffisant pour l'époque, mais dès la série « B », l'épaisseur fut portée à 30 mm en frontal de tourelle et de caisse, la masse de l'engin passant alors à 18,5 tonnes. Sur le « J » d'avril 1944, le blindage en frontal tourelle sera de 50 mm, et de 80 mm en frontal caisse, pour une masse de 25 tonnes.
L'agencement interne comprenait cinq hommes : le pilote et un radio-mitrailleur en caisse, le chef de véhicule, le tireur et le pourvoyeur en tourelle. L'armement se composait du canon de 7,5 cm KwK 37 L/24 approvisionné avec 122 obus de 12 à 15 kg selon les versions sur le « A » (80 du « B » au « F », 87 du « F2 » au « J »), une mitrailleuse coaxiale MG-34 de 7,92 mm en caisse (excepté sur le « B » et le « D »), et une autre en tourelle. Le moteur était un Maybach HL 108 TR de 250 CV pour le « A », HL 120 TR ou TRM de 300 CV pour les autres modèles, donnant une vitesse de 32,4 km/h sur route pour le « A » (10 km/h en tout-terrain), 42 km/h du « B » au « G » (20 km/h en tout-terrain), 38 km/h pour les « H » et « J » (20 km/h en tout-terrain). L'autonomie avoisine les 200 km sur route et 130 km en tout-terrain pour tous les modèles. La suspension se composait de huit roues de route indépendantes et quatre galets de retour (trois pour le « J »). Les chenilles se composaient de 99 patins d'une largeur de 38 cm.

En mars 1942, le remplacement du canon KwK 37 L/24 par le KwK 40 L/43 à bonne capacité antichar (vitesse initiale de 740 m/s, 89 mm de blindage percé à 500 mètres sous une incidence de 30°) permet de répondre honorablement aux blindés adverses. Le blindage, malgré un renforcement constant de son épaisseur (80 mm en frontal de caisse et tourelle dès juin 1942), reste vertical et les canons antichars alliés qui augmentent constamment en puissance, tel le "17 pounder" anglais début 1943 posent problème.
En avril 1943, le "Panzer IV ausf G" est armé du 7,5-cm KwK 40 L/48 capable de percer 96 mm de blindage incliné à 30° à 500 mètres, 85 mm à 1 000 mètres, et encore 64 mm à 2 000 mètres.
Le Panzer IV était fiable, de faible coût, de puissance de feu honorable, mais la conception de son blindage vertical limitait sa résistance au feu. Il se montrait supérieur aux M4 Sherman américains ou T-34/76 soviétiques, et tenait son rang face au T-34/85, mais il ne devint totalement dépassé que face aux chars JS-2 soviétiques ou M-26 américains, deux modèles de chars lourds. Il continua cependant à être utilisé jusqu'au dernier jour de la guerre en Europe.
Il fut employé pendant deux décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale et participa à plusieurs conflits, dont la guerre des Six Jours au sein de l'armée syrienne.






















lundi 27 mars 2017

STURMGESHUTZ IV - SDKFZ163

En raison d’une demande croissante de canons d’assaut, le StuG IV fut créé au départ de la combinaison d’une superstructure légèrement modifiée d’un Sturmgeschütz III et d’un châssis de Panzerkampfwagen IV. À partir de décembre 1943, environ 1 100 exemplaires furent construits par Krupp. Comme Krupp n’était pas impliqué dans la construction des Panzerkampfwagen III, la société utilisa la coque du Panzer IV.


Afin d’adapter la caisse du Stug III au châssis du Pz IV G, il fut nécessaire de rallonger la structure de 46 cm et de la rehausser de 8 cm. Le blindage frontal fut d’autre part porté de 50 à 80 mm, le blindage latéral restant de 30 mm d’épaisseur. Une casemate blindée pour le conducteur fut installée à l’avant-gauche  du véhicule, et équipée de deux épiscopes (au lieu d’une fente de vision) et d’une trappe supérieure ; un renfort de 15 cm en béton y était parfois ajouté à l’avant. Le  masque du canon « Saukopf » (ou groin de cochon) des nouveaux Stug III Ausf G fut retenu d’emblée. Comme ses prédécesseurs, le Stug IV reçut des plaques  « schürzen » latérales contre les  charges creuses, un enduit « zimmerit » anti-mines magnétiques, et plus tard une mitrailleuse MG34 ou 42 sur le dessus du compartiment de combat, derrière un volet blindé. Cette installation, obligeant le servant à être à découvert pendant le tir, n’était pas satisfaisante ; d’autre part, l’expérimentation d’un système de « Sturmgewehr 44 » à  canon courbe sur rotule, pour, tirer de l’intérieur, n’apporta pas  de réponse aux exigences du combat. Ainsi le projet d’une MG télécommandée, adopté en mai 1944, permit d’équiper le Stug IV, ainsi que le Panzerjäger IV et le Hetzer.


Dès le 26 janvier 1944, une  étude était prévue pour l’installation du canon de 75 long (L/70) du Panther sur les châssis du Stug IV et du Jagdpanzer IV, et ce, contre l’avis de Guderian qui pensait que le canon L/48 de 75 mm remplissait toutes les tâches nécessaires. Hitler ordonna même en juillet 1944 que la construction du Pz IV soit interrompue pour que les chaînes se consacrent entièrement à ces deux engins. La  mise au point de la nouvelle version du Stug IV fut cependant abandonnée au profit du jagdpanzer IV L/70, très apprécié pour les qualités balistiques de son armement, mais surchargeant le châssis du Pz IV.
Ainsi que pour la plupart des matériels de l’armée allemande, la construction du Stug IV fut répartie entre plusieurs fabriques. Si l’assemblage avait lieu à Magdebourg, le bas du châssis venait des firmes Böhler  de Kapfenberg, Krupp d’Essen, etc., la structure blindée était fournie par la sidérurgie brandebourgeoise et le canon par Wimag à Berlin et Skoda à Pilsen. La production débuta doucement en décembre 1943, mais s’amplifia durant l’année 1944, au cours de laquelle 1 006 unités sortirent de chaînes contre 105 de janvier à mars 1945. Les chiffres connus permettent d’évaluer à 1 138 le nombre de Stug IV construits sur châssis de Pz IV AusF G puis H. Le Sturmgeschütz IV Pesait 23 t, et était servi par quatre hommes d’équipages. Son habitacle plus vaste et sa motorisation plus puissante présentait un progrès sur le Stug III, mais il conservait ce manque de débattement latéral du canon qui réduisant ses capacités, particulièrement en combat offensif. Comme son prédécesseur, il équipa les bataillons indépendants de Stug mais aussi certains régiments de chars, où il en fut en dotation le plus souvent dans le 3e bataillon comme matériel de transition.
Le StuG IV se fit une réputation de chasseur de chars très efficace, particulièrement sur le front de l’Est. Il disposait d’un équipage de quatre hommes et fut essentiellement affecté aux divisions d’infanterie. 

















 

TIGRE II version "Octopus"



Le Panzerkampfwagen VI Königstiger, ou Sd.Kfz. 182 Panzer VI ausf B Tiger II, surnommé le Königstiger (Tigre royal), est un char d'assaut allemand de la Seconde Guerre mondiale. Produit à 50 exemplaires pour le modèle à tourelle « Porsche » et à 439 exemplaires pour le modèle à tourelle « Henschel », ce char était pourvu d'un important blindage ainsi que d'un puissant canon, lui donnant la possibilité de mettre hors de combat tous les chars alliés en service lors des deux dernières années du conflit.


Cependant, il accusait en ordre de combat une masse de 70 tonnes tout en étant équipé du même moteur que le char Panther qui lui ne pesait que 45 tonnes, son rapport poids-puissance était donc moindre : il était lent et peu mobile, ne pouvait passer tous les ponts, était extrêmement gourmand en carburant (600L/100km en route et 900L/100km en tout terrain), et devait changer de chenilles avant et après tout transport par rail.




L'étude de ce blindé commença dès le mois de mai 1941, un an avant l'entrée en production du Tigre I. Dès fin 1942, le projet dériva vers une étude plus précise : un char lourd qui puisse succéder au Tigre. En janvier 1943, Hitler, après lecture du cahier des charges, imposa pour le nouveau char un canon de 88 mm à haute vélocité, un blindage frontal de 150 mm et un blindage latéral de 80 mm. À la lumière de l'expérience du tout nouveau char moyen-lourd Panther, il fut décidé que le blindage serait incliné et conçu de manière à ne présenter qu'une coquille de métal d'un seul tenant par élément (châssis et tourelle).
Comme pour le Tigre I, Henschel et Porsche se lancèrent sur le projet. Porsche étudia deux designs, l'un avec une tourelle centrale et l'autre, avec une tourelle très en arrière sur le châssis (comme le char israélien Merkava à la fin des années 1970) respectivement appelé VK 45.02 A et B.
Mais, comme pour le Tigre, le concept de transmission et de châssis était trop avancé pour les techniques de l'époque, aussi ce fut le design d'Henschel, plus conventionnel, mais beaucoup plus moderne que le Tigre, qui emporta le marché, notamment parce qu'il permettait de réduire les coûts en présentant un certain nombre d'éléments utilisés aussi sur le char Panther. 1 500 furent commandés, seulement 489 furent construits, notamment à cause de la destruction par les bombes américaines de l'usine Henschel de Cassel.
Au départ, les cinquante premiers exemplaires furent munis de la tourelle Krupp mise au point pour le modèle Porsche, mais l'industriel redessina une tourelle spécifique, acceptant plus de munitions, et surtout corrigeant un défaut de la précédente. En effet, à l'origine, le mantelet du canon, semblable à celui des premières tourelles de Panther, c'est-à-dire en demi-cylindre horizontal, risquait de provoquer la destruction du char au cas où un obus touchait de plein fouet la partie inférieure de ce mantelet, obus qui, par ricochet, pénètrerait ainsi les œuvres vives du char, par le toit du poste de pilotage faiblement blindé. La nouvelle tourelle comportait un mantelet « en groin de cochon », évitant ce problème. Mais ceci eut pour inconvénient d'alourdir le char déjà énorme, qui passait au changement de tourelle de 68,5 à 69,8 tonnes, c'est-à-dire plus lourd qu'un char moderne de type Leclerc.



Pour déplacer une telle masse de métal, le plus puissant moteur de char de l'époque lui-même se montrait un peu faible : le Maybach HL 230 P30 12 cylindres de 700 chevaux, parfait pour le Panther de 43 tonnes, supportait mal les 27 tonnes supplémentaires. Pour contrecarrer ce problème, les ingénieurs lui accouplèrent une boîte de vitesses très complexe, avec 8 vitesses avant et 4 vitesses arrière, afin de démultiplier les efforts et de permettre au titan de se déplacer convenablement. Ils mirent aussi au point un différentiel de chenille permettant au char de tourner sur place, caractéristique encore rare à l'époque, mais très utile pour compenser la relative lenteur de la tourelle et l'exposition du blindage avant en cas de danger repéré à temps. Les ingénieurs mirent au point un système de train de roulement permettant d'éviter, à l'inverse du Tigre I, que les chenilles ne s'enrayent avec la boue, la glace et les rochers. Ce système s'avéra cependant à l'usage plus délicat à entretenir. Pour en terminer avec le train de roulement, comme pour le Tigre I, deux jeux de chenilles étaient prévus : une paire de 660 mm pour le transport sur rail, et une paire de 800 mm pour le combat. Ces chenilles larges permettaient au char d'avoir une bonne tenue en terrain instable, comme la boue, malgré son poids énorme, générant une pression au sol assez faible. Ceci ne changeait en revanche pas grand-chose au fait que le char était trop lourd pour la majorité des ponts de l'époque, ce qui réduisait de beaucoup sa mobilité tactique.
Mais avec un ratio de seulement 10 chevaux à la tonne, le char souffrait d'un cruel manque de mobilité, et d'une consommation énorme. Sa vitesse plafonnait à 38 km/h sur route, et moins de 20 km/h en tout terrain, et sa consommation de 500 litres aux 100 kilomètres ne lui permettait qu'une faible autonomie de 120 km sur route d'autant plus handicapante que le Reich manquait de carburant. De plus, les efforts sur la transmission dus au poids du mastodonte, ainsi que la fragilité de la trop complexe boîte de vitesses, contraignirent ces chars à connaître de nombreuses pannes. Ils nécessitaient une maintenance constante pour fonctionner convenablement.
Il était armé d'un canon de 88 mm de 71 calibres de longueur (KwK 43 L/71, fût de 6,30 mètres), comparé aux 88 mm 56 calibres du Tigre I (KwK 36 L/56). La portée effective de ce canon était de dix kilomètres. Il pouvait percer le blindage frontal d'un char T-34/85, d'un Sherman M4 A1 ou d'un Cromwell à 3,5 km, au-delà même de la portée des canons de ces chars. L'optique de visée du canon était elle aussi à la hauteur de ces extraordinaires caractéristiques balistiques. À titre indicatif, le canon du Königstiger perforait entre 132 et 153 mm de blindage incliné à 30° à 2 000 mètres de distance.
L'ensemble du char était muni d'un blindage épais et incliné :
  • 110 mm de blindage en frontal de tourelle, 150 mm en frontal de superstructure, 100 mm en frontal de châssis, 80 mm sur les latéraux pour le modèle "Porsche".
  • 180 mm de blindage en frontal de tourelle, 150 mm en frontal de superstructure, 100 mm en frontal de châssis, 80 mm sur les latéraux, pour le modèle "Henschel".
Seules quelques armes de l'époque pouvaient percer ce type de blindage, et seulement à très courte portée. Les Sherman Firefly, Comet, M26 Pershing, T-34/85, SU-100 et IS-2, pouvaient être de dangereux adversaires, surtout s'ils réussissaient à le contourner par les flancs ou l'arrière.
Ce char ne fut pas non plus endivisionné, à l'instar de son prédécesseur, et remplaça le Tigre I dans les schwere Panzer Abteilungen, ou bataillons de chars lourds. 150 d'entre eux furent confiés à des unités de Waffen SS, tous les autres furent affectés à la Wehrmacht. Ils arrivèrent sur le front en février 1944. Ses premiers engagements eurent lieu autour de Minsk en mai de la même année. Leur action fut cependant restreinte, surtout sur le front Ouest, à cause des restrictions en carburant, des problèmes techniques, pannes, et surtout à cause de la redoutable aviation d'attaque au sol (jabo, de l'allemand « Jagdbomber », chasseur-bombardier) des alliés. Lors de la bataille de Normandie, certains Königstigers furent même engagés par des croiseurs. Le dernier char de la guerre à être détruit fut aussi un Tigre Royal, saboté par son équipage à la suite d'un problème mécanique, le 10 mai 1945, en Autriche.

Généralement, on s'accorde à dire qu'un "seul" exemplaire aurait été identifié avec ce type de camo mais çà ne veut pas dire, pour autant, qu'il était destiné à être "unique". Ce Tiger II ferait partie des six derniers exemplaires livrés en mars 1945, par Henschel, et qui auraient été attribués à la 3.Kp/s.H.Pz.Abt.510, venu chercher, elle-même, ses chars sur le parking de l'usine Henschel à Wilhelmstal/Kassel. Le KTB indique qu'elle les aurait pris en charge, dès le 29, et engagés le 30... d'après les documents d'usine, tout au moins, les sources que j'ai exploitées - via les écrits de Thomas Jentz - et qui y faisaient référence, précisent que la "remise" des véhicules se serait effectuée le 31 mars; la différence pourrait s'expliquer par un simple retard de transcription administrative, ce qui n'aurait rien de bien étonnant vu la situation environnante.
A noter que, dans un bouquin, on trouve une autre photo de Tiger II avec le même schéma de camo, sauf que la swastika n'étant pas présente sur le glacis - plus quelques autres détails différents -, il est fort probable que c'était un autre véhicule.